(Côte d'Ivoire) Grand-Lahou, le village qui s’efface, mangé par l’océan | Échos circulaires de la matière organique | Scoop.it

Regard rivé sur l’océan, Dieudonné Tabah semble épuisé. Les bras chargés de bambous, le pêcheur marque une pause et fixe les vagues, qui viennent s’écraser à quelques mètres de ses pieds. Le bout de structure qui tient encore debout, à ses côtés, constitue ce qu’il reste de sa maison : il la démonte pour la reconstruire plus loin, hors de portée des éléments. En moins de dix ans, « c’est la quatrième fois que je déménage, déplore-t-il, résigné. L’Atlantique se rapproche sans cesse. »

 

Des maisons comme celle de Dieudonné, Lahou-Kpanda en compte des centaines. A 150 km d’Abidjan, le village de près de 7 000 habitants, érigé sur une langue de sable coincée entre océan et lagune, constitue ce qu’il reste de la ville coloniale de Grand-Lahou. L’ensemble des administrations de cette dernière et une grande partie de la population ont été réimplantés en 1973 à 18 km de là, loin de la côte. Aujourd’hui, ils sont près de 12 000 à vivre dans la « nouvelle ville » de Grand-Lahou.

 

Car la zone disparaît. Lentement mais sûrement. Depuis quarante ans, le rivage est avalé vers le nord par l’océan, à raison de 1 à 2 m par an. « Dans mon enfance, on pouvait marcher 3 km depuis la lagune avant d’atteindre la mer. Aujourd’hui, il y a 500 m au plus », évalue Eugène Koffi, né dans la commune en 1943. Le phare, l’école, l’hôpital qui l’a vu naître, les ruines des maisons coloniales qui attiraient les touristes, tout a disparu. (...)


Via Katell Rochard